Les liniculteurs normands ont subi deux sécheresses printanières qui font fondre les stocks. Du coup, les arrachages 2011 vont commencer dès lundi. Penché sur des parcelles d’essais, un groupe d’agriculteurs cherche les variétés les mieux adaptées au changement climatique. « Cette année, la floraison a été trop rapide, fugace. Quand le lin est fleuri, la croissance de la tige cesse. Les pluies sont arrivées trois semaines trop tard. Les fibres seront courtes. Mais tous les lins seront récoltés », explique Christophe Mallet, le directeur de l’Association générale des producteurs de lin.
Dans la Calvados l’arrachage du lin a démarré avec 15 jours d’avance.
La Chine file 90% du lin mondial
La production est essentiellement destinée aux clients chinois qui filent et tissent 90 % de la production mondiale de lin. « Ceux-ci ont raréfié leurs achats en 2009. Nos 250 producteurs ont volontairement restreint les surfaces pour éviter l’écroulement des prix, assure Patrick Berghman. Entre 2005 et aujourd’hui, on est passé de 3 800 à 2 400 ha de lin à traiter. Cela nous a obligés à arrêter une de nos trois chaînes. »
Le lin file aussi aux Pays-Bas. « Nous livrons à un importateur hollandais des tonnes de litière pour les chevaux », Patrick Berghman, patron de l’usine de teillage Vandecandelaère, au sud de Caen. Car dans le lin, rien n’est perdu.
Du lin à tout faire
Les balles sont constituées de anas, ces particules de pailles de lin, que les machines de l’usine épluchent mécaniquement pour obtenir le coeur de la fibre de lin. Ce précieux fil deviendra peut-être vêtement à la mode, cordage ultra-résistant, canne à pêche, prototype de cadre de vélo, coque de bateau de plaisance, planche de surf, raquette de tennis… « On ne perd rien dans le lin, remarque Patrick Berghman. Prenez les graines, elles sont écoulées pour la fabrication des huiles de lin. La plupart sont introduites dans l’alimentation animale, pour enrichir les viandes des animaux en oméga 3. Ces viandes sont ensuite vendues sous la marque Bleu-Blanc-Coeur ».