Dans l’usine Depestèle à Bourguébus, les machines épluchent mécaniquement les particules de paille pour obtenir le coeur de la fibre de lin. Ce précieux fil deviendra peut-être vêtement à la mode, cordage ultra-résistant, canne à pêche, coque de bateau de plaisance, ou raquette de tennis… Alors, attentif, Patrick Berghman, le dirigeant, vérifie, en bout de chaîne, la qualité des étoupes. « On ne perd rien dans le lin, remarque Patrick Berghman. Prenez les graines, elles sont écoulées pour la fabrication des huiles de lin. La plupart sont introduites dans l’alimentation animale, pour enrichir les viandes des animaux en oméga 3.
Une exportation en déclin
Vous voyez, signale Patrick Berghman, le patron de l’usine, nous livrons à un importateur hollandais des tonnes de litière pour les chevaux ». Plus loin, sous l’un des hangars, des montagnes de balles carrées enveloppées dans des films plastiques attendent d’être ainsi expédiées, mais les clients chinois qui filent et tissent 90 % de la production mondiale de lin ont raréfié leurs achats en 2009. « Alors nos 250 producteurs ont volontairement restreint les surfaces pour éviter l’écroulement des prix, rappelle Patrick Berghman. Entre 2005 et aujourd’hui, on est passé de 3 800 à2 400 hade lin à traiter. Cela nous a obligés à arrêter une de nos trois chaînes. »
A la recherche de nouvelles variétés
Penché sur des parcelles d’essais, un groupe d’agriculteurs cherche les variétés les mieux adaptées au changement climatique. « Cette année, la floraison a été trop rapide, fugace. Quand le lin est fleuri, la croissance de la tige cesse. Les pluies sont arrivées trois semaines trop tard. Les fibres seront courtes. Mais tous les lins seront récoltés », explique Christophe Mallet, le directeur de l’Association générale des producteurs de lin.